Chaque année, le mildiou de la pomme de terre est l’ennemi numéro 1 des agriculteurs. Il est capable d’impacter les rendements des cultures en un clin d’œil lorsque les conditions météo s’y prêtent.
Alors que la mi saison touche à sa fin, où en est-on ?
Entre un printemps aux variations climatiques marquées alternant épisodes humides, propices à son développement et vagues de chaleur, ayant freiné sa progression, la saison a connu certains rebondissements.
Voici un point d’étape sur les pressions observées sur le terrain, les bonnes pratiques à suivre, et les points de vigilance importants afin de préserver une bonne saison jusqu’à la récolte👇.
Mildiou de la pomme de terre : où en est-on en cette saison ?
Face à une maladie capable d’impacter une parcelle en seulement quelques jours, le suivi de sa dynamique est le premier facteur à prendre en compte pour la protection des plants.
Impact du mildiou cette saison : un scénario par vagues
Le début de la saison a été rythmé par des conditions climatiques changeantes, ayant un effet direct sur l’évolution -ou non – du mildiou.
Les températures et l’humidité sont deux facteurs déterminants dans le développement et la propagation du mildiou. D’après Sencrop , ce dernier se développe principalement en milieu humide, lorsque le thermomètre affiche une moyenne au-dessus de 11°C, associé à une hygrométrie élevée, supérieur à 87%. Dès que ces deux paramètres sont réunis, les conditions deviennent optimales pour son développement.
À l’inverse, les périodes de sécheresse limitent nettement sa progression. Les spores de Phytophthora infestans ont besoin d’eau pour germer et infester la surface des feuilles. Sans cela, la maladie ne s’enclenche pas. Un air sec accélère l’évaporation de l’humidité, ce qui réduit considérablement la fenêtre de contamination.
En ce début de saison, nous avons connu 4 épisodes différents :
- Début mai : une période pluvieuse créant des conditions favorables au mildiou.
- Fin mai : une première vague de chaleur venant interrompre nettement la progression de la maladie.
- Début juin : le retour d’une météo humide relance la pression sur les parcelles.
- Fin juin : une deuxième vague de chaleur, beaucoup plus intense, vient à nouveau interrompre la contamination.
Selon Météo France, le déficit de précipitations sur le mois de juin atteint près de 50%.
Si le retour de la chaleur offre un moment de répit face au mildiou, la surveillance des cultures reste tout de même indispensable. La météo influence directement le rythme de la maladie. L’installation du mildiou au sein des cultures menace à la fois le volume, et la qualité des récoltes.
Une pression impactant directement les rendements
Le mildiou impacte entre 10 et 30% des récoltes de pommes de terre chaque année en France. Cette maladie est particulièrement destructrice, le mildiou peut rester uniquement au niveau des feuilles et ne pas descendre sur le tubercule. En revanche, si c’est le cas, la conservation est impactée, des pourrissements apparaissent et donc une impossibilité de consommation.
Selon Bayer, si l’intégralité du feuillage est touchée lors d’une attaque, les pertes de rendement peuvent atteindre jusqu’à 50%, voire la totalité de la production.
Ces impacts majeurs justifient donc une vigilance constante même lorsque la pression de la météo semble modérée.
Comment lutter contre le mildiou ?
Face à une maladie impactante comme celle-ci, aucune solution isolée ne suffit. C’est la combinaison de plusieurs leviers agronomiques et phytosanitaires qui vont permettre de limiter durablement le risque.
Les bonnes pratiques à appliquer
Certains réflexes de prévention restent incontournables, quelle que soit l’évolution de la météo :
- Le choix des variétés : privilégier des variétés résistantes ou tolérantes face au mildiou est le levier numéro 1 pour lutter contre le mildiou.
- L’implantation : éviter la persistance de l’humidité.
- Le positionnement : traiter en début ou en fin de journée afin de maximiser l’efficacité des applications.
- L’agronomie : pratiquer une rotation des cultures.
- L’anticipation : surveiller attentivement les prévisions météorologiques afin d’anticiper les conditions optimales pour le mildiou grâce aux OADs.
- Utiliser un OAD : économiser des traitements, appliquer le bon produit au bon moment, contribuant à une protection maximale sans mettre la culture en péril.
Ces leviers permettent de poser des fondations solides à la parcelle et de limiter le développement de la maladie. À ce stade de mi-saison, l’enjeu est de maintenir cette vigilance pour protéger les cultures de pomme de terre jusqu’aux récoltes.
Ce qui va se jouer jusqu’à la fin de campagne
La vigilance ne doit pas retomber suite aux épisodes de chaleur passés. Plusieurs leviers restent déterminants jusqu’à la fin de la campagne.
- Vigilance accrue sur le développement de la maladie : dès leur identification en parcelle, il faut intervenir avant que la sporulation ne gagne les plantes voisines.
- Protection foliaire : ne pas baisser la garde, conserver un feuillage sain jusqu’au défanage est gage de sécurité.
- Traçabilité et réactivité : vigilance renforcée en cas de conditions climatiques changeantes, en prenant soin de bien renseigner toutes les interventions pour que l’OAD soit pleinement fonctionnel et pertinent.
- Pilotage du défanage : cela conditionne la qualité de la peau des pommes de terre et limite le risque de contamination par lessivage des spores vers le sol. Même après défanage, il est nécessaire de protéger la culture vis-à-vis du mildiou.
Afin d’appliquer ces bonnes pratiques au bon moment sans se faire surprendre, les agriculteurs peuvent aujourd’hui s’appuyer sur la technologie afin de suivre le risque de la maladie et mieux l’anticiper.
Piloter grâce aux Outils d’Aide à la Décision
L’outil Abelio, basé sur le modèle agronomique Mileos par Arvalis et des données agronomiques, permet d’identifier le risque d’apparition du mildiou sur la culture de pomme de terre. Il permet également de suivre le risque en temps réel à la parcelle afin d’intervenir si nécessaire. Les cultures sont ainsi protégées grâce à un suivi précis, retranscrit par des indicateurs simples.
Conclusion
À ce stade de la saison, la pression du mildiou sur pomme de terre reste modérée mais tout de même réelle. Face à une météo alternée, la vigilance doit rester constante avec un suivi des indicateurs de risque.
Il est important d’adapter les programmes de protection à la sensibilité variétale de chaque parcelle. Pour permettre de suivre l’évolution de la maladie à travers les parcelles, les Outils d’Aide à la Décision, combinant données météorologiques et données agronomiques, offrent une vision claire et actualisé des risques. L’objectif étant de gérer et protéger les cultures face au mildiou grâce à des traitements optimisés. L’OAD permet ainsi d’adapter le programme de traitement à la variété et de protéger au maximum le potentiel de la culture.